La thèse centrale autour de la guerre de l’Ituri est que l’irruption de la violence doit être comprise comme le résultat de l’exploitation par des acteurs locaux et régionaux d’un conflit politique local profondément enraciné autour de l’accès à la terre, aux ressources économiques disponibles et au pouvoir politique.
Comme tout pouvoir basé sur la conquête, le colonialiste belge s’était appuyé sur la fragmentation des communautés, le régime des privilèges comme moyens de réorganiser l’espace socio-économique local.
Les Hema préférés du colonisateur accèdent à l’éducation et au travail dans l’administration coloniale au détriment d’autres ethnies. Ils acquièrent des terres et, devenus propriétaires terriens, ils s’occupent de l’élevage du bétail qui les rend riches. Ils dominent les autres tribus livrées à l’agriculture(…)
Extrait de l’ouvrage »La radio dans les larmes du Kivu et de l’Ituri déchirés ». Auteur: Blaise Pascal MAKANDI